Menu
poser lambris mur

Poser du lambris au mur

mathieu 3 semaines ago

Le lambris est revenu en grâce. Longtemps associé aux chalets des années 1980, il séduit à nouveau parce qu’il habille un mur en une journée, masque un support irrégulier et apporte une chaleur qu’aucune peinture ne reproduit. Poser du lambris au mur reste par ailleurs l’un des chantiers les plus accessibles au bricoleur : pas de gâchage, pas de temps de séchage, des découpes simples. Encore faut-il choisir la bonne méthode de fixation et respecter deux ou trois règles, sous peine de voir les lames se déformer ou s’ouvrir au premier hiver.

poser lambris mur
Pose de lames de lambris bois sur une ossature de tasseaux fixée au mur.

Choisir son lambris : bois, PVC ou composite

Le lambris bois massif, en pin, en épicéa ou en sapin, reste la référence pour une pièce de vie. Les lames se vendent le plus souvent en longueur de 2 mètres, dans des largeurs qui vont d’environ 9 cm à plus de 19 cm, pour une épaisseur comprise entre 9 et 19 mm, 10 mm étant la valeur la plus courante. Le PVC, lui, ne craint ni l’eau ni les projections : c’est le choix logique pour une salle de bains ou un sous-sol humide. Le composite se situe entre les deux, avec un rendu bois et une meilleure tenue à l’humidité que le massif.

Côté budget, comptez de l’ordre de 5 à 40 € le m² pour du bois hors pose, une fourchette large qui reflète surtout l’essence et la qualité de tri. Le PVC démarre autour de 4 € et le composite se situe généralement entre 5 et 15 € le m². Si vous faites appel à un artisan, la main-d’œuvre seule se négocie le plus souvent entre 10 et 45 € le m², la pose sur ossature étant plus chère que la pose collée.

L’étape que personne ne doit sauter : l’acclimatation

Le bois est un matériau vivant : il gonfle quand l’air est humide, il se rétracte quand il sèche. Des lames posées le jour même de leur achat, encore chargées de l’humidité d’un entrepôt, vont perdre de la largeur en séchant dans votre salon, et des fentes claires apparaîtront entre les rainures et les languettes. La parade est simple : déballez le lambris et stockez-le à plat dans la pièce concernée pendant au moins 72 heures avant la pose, chauffage en fonctionnement si c’est l’hiver. Ce comportement du bois se vérifie encore plus dehors, où il faut lui ménager des jeux de dilatation : c’est tout l’enjeu quand on installe une terrasse en lames sur plots.

Pose collée ou pose sur tasseaux ?

La pose collée ne se conçoit que sur un support sain, sec et parfaitement plan : un mur en plaques de plâtre neuf, par exemple. Elle est rapide et ne mange que quelques millimètres d’épaisseur, mais elle est irréversible. Sur un mur ancien, bosselé, humide ou en pierre, la pose sur ossature de tasseaux s’impose : elle rattrape les défauts de planéité, ménage une lame d’air derrière le parement et permet de glisser un isolant ou de faire passer des gaines électriques.

Les tasseaux se fixent perpendiculairement au sens des lames : ossature horizontale pour un lambris vertical, ossature verticale pour un lambris horizontal. Il faut donc décider du rendu avant d’acheter quoi que ce soit. Les lames verticales étirent visuellement la hauteur sous plafond, les lames horizontales élargissent la pièce. Pour un mur sans isolant, des tasseaux de 20 à 25 mm d’épaisseur suffisent ; avec un isolant, leur épaisseur doit au minimum égaler celle de l’isolant. On les espace couramment de 40 à 60 cm au maximum, un entraxe plus serré étant préférable pour les lames fines qui, sinon, ondulent sous la pression du doigt.

CritèrePose colléePose sur tasseaux
Support requisPlan, sec, sainTous supports, même irréguliers
Épaisseur perdueQuelques millimètresÉpaisseur du tasseau + lame
Isolant possibleNonOui, entre les tasseaux
Ventilation de la lame d’airAucuneOui, indispensable en pièce fraîche
Démontage / remplacementTrès difficilePossible
Temps de mise en œuvreLe plus rapideUne demi-journée de plus pour l’ossature
Comparaison des deux méthodes de pose du lambris au mur.

L’outillage à réunir

  • Un mètre, un crayon, un niveau à bulle assez long, et si possible un niveau laser pour tracer la première ligne.
  • Une scie à onglet, ou à défaut une scie circulaire avec une lame à denture fine, pour des coupes nettes.
  • Une perceuse à percussion, des chevilles adaptées au mur, des vis pour fixer les tasseaux.
  • Des clips de fixation ou des pointes tête d’homme, plus un chasse-clou pour les enfoncer sans marquer le bois.
  • Des cales pour respecter le jeu périphérique en bas et en haut du mur.
  • Un maillet et une chute de lame pour emboîter les rainures sans abîmer la languette.

Le déroulé du chantier, étape par étape

Commencez par repérer et marquer tout ce qui se cache derrière le mur : câbles, canalisations, boîtiers. Fixez ensuite les tasseaux en partant du bas, en les calant si nécessaire pour rattraper les creux : l’ossature doit former un plan parfait, car aucune lame ne corrigera un tasseau qui rentre. Vérifiez au niveau après chaque fixation, c’est là que se joue le rendu final.

La première lame conditionne toutes les autres. Posez-la rigoureusement d’aplomb (ou de niveau, selon le sens choisi), languette vers l’extérieur, en la vissant ou en la clouant côté rainure, là où la fixation sera masquée par la lame suivante. Emboîtez ensuite les lames une à une, en frappant au maillet sur une chute de lambris pour ne jamais taper directement sur la languette. Décalez légèrement les aboutages d’une rangée à l’autre quand vous travaillez avec des lames courtes : l’effet est plus naturel et la structure plus rigide.

Laissez un jeu de dilatation en périphérie, en haut comme en bas, et masquez-le ensuite par une plinthe et une corniche. C’est ce vide qui permettra au bois de bouger sans se voiler. Les découpes autour d’une prise ou d’un interrupteur se font à la scie cloche ou à la scie sauteuse, en gardant à l’esprit que la plaque de finition rattrapera quelques millimètres d’approximation. Si le mur reçoit aussi un chauffage, prévoyez son emplacement avant de lamber : il est plus simple de choisir le radiateur électrique adapté à la pièce avant de percer que de reprendre le parement après coup.

Les erreurs à éviter

La première, on l’a dit, est de poser des lames non acclimatées. La deuxième est de plaquer du lambris bois directement contre un mur froid ou humide, sans lame d’air : l’humidité se condense derrière le parement, le bois moisit et l’on ne s’en aperçoit que des années plus tard. Dans un local non chauffé, un sous-sol ou un atelier, la question de fond n’est d’ailleurs pas le parement mais la paroi elle-même : mieux vaut commencer par traiter l’isolation des murs du garage avant d’y coller le moindre décor.

Troisième erreur classique : négliger la finition. Un lambris brut se salit vite et jaunit sous l’effet de la lumière. Une lasure, une huile ou une peinture appliquée avant la pose, sur les quatre faces, protège aussi la partie des lames qui restera invisible — un détail qui limite les déformations. Enfin, réfléchissez à l’éclairage en même temps qu’au parement : sur un plafond lambrissé, le passage des câbles et le choix d’implanter des spots encastrés dans le plafond se décident avant la pose des lames, jamais après.

Pour un mur de 10 à 12 m², prévoyez une journée complète à deux, ossature comprise, un peu moins en pose collée. Le résultat se juge ensuite à la lumière rasante : si elle ne révèle aucune vague, c’est que les tasseaux étaient bien calés.

Written By

Leave a Reply

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *