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Pose d'une gouttière PVC sur les crochets fixés à la planche de rive d'une maison

Poser une gouttière PVC : pente, crochets, dilatation et prix

Développé et diamètre de descente selon la surface de toiture, pente de 5 à 10 mm par mètre tracée au cordeau, crochets tous les 40 cm, jeu de dilatation aux jonctions : la méthode complète pour poser une gouttière PVC sans fuite, avec les prix au mètre linéaire.

mathieu 2 semaines ago

Une gouttière qui déborde à chaque orage, un mur de façade qui se salit en pied, une bande de terre creusée par les gouttes : dans neuf cas sur dix, le problème ne vient pas du matériau mais de la pose. La gouttière PVC est pourtant l’un des rares chantiers de toiture qu’un bricoleur soigneux peut mener seul, à condition de comprendre trois choses avant de monter à l’échelle : la pente, l’espacement des crochets et la dilatation. Voici la méthode complète, avec les valeurs de référence et les erreurs qui reviennent le plus souvent.

En bref

Une pose de gouttière PVC réussie repose sur une pente de 5 à 10 mm par mètre vers la descente, des crochets espacés de 40 à 50 cm maximum, et un jeu de dilatation respecté à chaque jonction. Le développé se choisit selon la surface de toiture desservie : 25 cm jusqu’à environ 80 m² avec une descente de 80 mm, 33 cm au-delà avec une descente de 100 mm. Comptez 6 à 20 €/ml en fournitures pour un système complet, contre 30 à 50 €/ml posé par un professionnel.

Choisir le bon développé et la bonne descente

Le développé correspond à la largeur de la bande de PVC avant qu’elle ne soit mise en forme, pas au diamètre visible de la gouttière. C’est le premier chiffre à fixer, parce qu’il conditionne tout le reste : accessoires, crochets, diamètre de descente. Une gouttière sous-dimensionnée déborde par les côtés dès la première grosse averse, et aucun réglage de pente ne rattrapera ça.

Le calcul se fait sur la surface projetée au sol du pan de toiture concerné, pas sur la surface réelle des rampants. Pour un pan de 10 m de long sur 5 m de profondeur horizontale, on retient 50 m². La pente du toit joue également : plus elle est forte, plus l’eau arrive vite et plus la capacité utile augmente.

DéveloppéSection utileDescente associéeSurface desservie
25 cmenviron 66 cm²Ø 80 mm (≈ 2,6 L/s)jusqu’à ≈ 80 m²
33 cmenviron 143 cm²Ø 100 mm (≈ 4,6 L/s)au-delà de 80 m²

Si un seul pan dépasse largement ces surfaces, la solution n’est pas forcément de passer au développé supérieur : deux descentes réparties aux extrémités, avec un point haut au milieu de la gouttière, évacuent mieux qu’une descente unique surchargée. C’est aussi plus sûr en cas de bouchon partiel par les feuilles.

Le matériel à prévoir

Un système complet ne se limite pas aux longueurs de profilé. Faites la liste avant d’aller en magasin, sinon vous ferez deux allers-retours. Il vous faut les profilés (généralement en barres de 4 m), les crochets adaptés au type de fixation, une ou deux naissances (la pièce percée qui reçoit la descente), des jonctions à joint, deux fonds pour fermer les extrémités, les angles si la gouttière contourne le bâtiment, puis pour la descente : deux coudes de dévoiement, le tube, les colliers de fixation et un dauphin en pied.

Le choix du crochet dépend du support disponible. Sur une planche de rive en bon état, le crochet à visser en façade est le plus simple et se règle très finement. Sans planche de rive, on utilise des crochets à hampe galvanisée qui se vissent sur le côté ou sur le dessus des chevrons, ce qui suppose de déposer le premier rang de tuiles. Il existe aussi des crochets à pince pour les rives métalliques.

Côté outillage : niveau à bulle de bonne longueur, cordeau, mètre, perceuse-visseuse, scie à denture fine pour couper le PVC, lime pour ébavurer, et surtout une échelle stable ou un échafaudage roulant. Le point qu’on oublie souvent, c’est qu’une gouttière se pose en manipulant des barres de 4 m en hauteur : à deux, c’est nettement plus sûr et plus précis.

Calculer et tracer la pente

C’est l’étape qui décide de tout. La pente réglementaire se situe entre 5 mm et 10 mm par mètre, orientée vers la naissance. En dessous, l’eau stagne et les dépôts s’accumulent. Au-dessus, la gouttière devient visuellement de travers et l’eau prend de la vitesse au point de sauter par-dessus le bord en cas de fort débit.

La méthode est simple. Fixez d’abord le crochet du point haut, à l’extrémité opposée à la descente. Multipliez ensuite la longueur totale par la pente choisie pour obtenir la dénivelée : sur 8 m avec une pente de 5 mm/m, cela fait 4 cm. Positionnez le crochet du point bas 4 cm plus bas, tendez un cordeau bien tendu entre les deux, puis alignez tous les crochets intermédiaires dessus. Vérifiez le cordeau au milieu de la portée : s’il fléchit, votre gouttière fera un ventre au même endroit.

Autre repère à contrôler pendant le traçage : le débord de la couverture. Les tuiles doivent surplomber la gouttière d’environ un tiers de sa largeur. Trop peu, et l’eau passe derrière en cas de vent. Trop, et elle est projetée par-dessus le bord extérieur lors des grosses pluies. Le bord extérieur doit également rester légèrement plus bas que le prolongement du plan de la toiture, pour qu’une plaque de neige qui glisse passe par-dessus au lieu d’arracher le montage.

Poser les crochets

L’espacement maximal admis pour une gouttière pendante est de 50 cm, et le PVC, moins rigide que l’aluminium ou le zinc, supporte mal qu’on aille jusqu’à cette limite partout. En pratique, un crochet tous les 40 cm constitue un bon compromis, à resserrer encore en zone de neige ou sur les régions ventées. La charge à reprendre n’est pas celle de la gouttière vide mais celle de la gouttière pleine d’eau, éventuellement chargée de neige.

Doublez systématiquement le crochet de part et d’autre de la naissance et à proximité immédiate des jonctions et des angles. Ce sont les points singuliers où le profilé travaille le plus. Sur une planche de rive ancienne, sondez le bois avant de visser : une planche qui s’effrite ne tiendra pas la charge et se traite avant la pose, pas après. Si elle est à refaire, c’est le bon moment pour envisager un habillage de rives en aluminium qui supprimera l’entretien du bois.

Assembler la gouttière et gérer la dilatation

C’est le point technique le plus mal compris, et la cause de la grande majorité des fuites constatées après un an. Le PVC se dilate sensiblement avec la température : une longueur exposée plein sud peut varier de plusieurs millimètres entre une nuit d’hiver et un après-midi d’été. Si vous bloquez le système, il se déforme, se déboîte ou fissure au niveau des raccords.

Concrètement : les jonctions à joint et les naissances portent des repères de dilatation moulés à l’intérieur. N’enfoncez jamais le profilé à fond. Alignez son extrémité sur le repère, ce qui laisse un jeu de l’ordre de 5 à 10 mm. Par temps froid, poussez un peu moins loin qu’en plein soleil, puisque le profilé va s’allonger. Le profilé doit également rester libre de coulisser dans ses crochets : on ne le visse pas, on ne le colle pas dedans.

Sur les longueurs importantes, on prévoit une jonction de dilatation dédiée. Sur les chéneaux PVC, la règle de référence est un joint de dilatation tous les 15 m. Sur une gouttière pendante longue, l’usage courant consiste à placer une pièce de dilatation environ tous les 8 m et à répartir deux naissances plutôt qu’une. Les coupes se font à la scie fine, bien d’équerre, et se limaient soigneusement : une bavure empêche l’emboîtement correct dans le joint caoutchouc et crée un point de fuite.

Cette démonstration vidéo montre bien l’enchaînement des gestes, du réglage des crochets à l’emboîtement des profilés :

Monter la descente jusqu’au sol

La descente part de la naissance et doit rejoindre le mur, qui se trouve en retrait à cause du débord de toit. On utilise pour cela deux coudes de dévoiement montés tête-bêche. Si le débord dépasse une quinzaine de centimètres, il faut intercaler une chute de tube entre les deux coudes pour rattraper la distance.

Le tube vertical se fixe ensuite au mur par des colliers espacés d’environ 1,50 m à 2 m, avec impérativement un collier juste sous chaque emboîtement. Là encore, un seul collier par tronçon doit bloquer le tube, les autres servant de simple guidage pour laisser jouer la dilatation. En pied, le dauphin en fonte ou en PVC renforcé protège la partie basse des chocs, coups de tondeuse et coups de pied compris.

Ne rejetez pas l’eau au pied du mur. Un raccordement au réseau d’eaux pluviales, un puits d’infiltration ou au minimum une évacuation dirigée vers l’écoulement naturel du terrain évitent d’imbiber les fondations. C’est un facteur d’humidité ascendante largement sous-estimé, au même titre qu’une bande de propreté absente ou mal drainée. Si des traces apparaissent déjà à l’intérieur, la démarche à suivre est décrite dans notre article sur le traitement de l’humidité d’un mur intérieur.

Combien ça coûte

Le PVC reste la solution la plus abordable du marché. Le profilé seul se situe autour de 2,50 à 8 €/ml selon la gamme et le coloris. En raisonnant en système complet, accessoires, descentes et raccords inclus, comptez plutôt 6 à 20 €/ml de fournitures. Sur une maison classique de 20 ml de gouttière avec deux descentes, le budget matériel tourne donc autour de 150 à 400 €.

PosteOrdre de prix
Profilé PVC seul2,50 à 8 €/ml
Système complet en fournitures6 à 20 €/ml
Main-d’œuvre seule (pose simple)25 à 35 €/ml
Fourniture et pose par un pro30 à 50 €/ml

Ces fourchettes s’entendent hors dépose de l’ancienne gouttière, hors échafaudage et hors reprise de la planche de rive, trois postes qui font vite grimper un devis. Un accès difficile, une maison de plain-pied ou un R+2, une pose en angle : tout cela se répercute. Demandez le détail ligne par ligne plutôt qu’un forfait global.

Les erreurs qui reviennent le plus souvent

  • Bloquer le profilé dans les crochets ou l’enfoncer à fond dans les jonctions. C’est la cause numéro un des fuites qui apparaissent au bout d’un ou deux étés.
  • Espacer les crochets à plus de 50 cm. La gouttière fait un ventre, l’eau stagne au point bas et le PVC finit par se déformer définitivement.
  • Oublier de vérifier la pente au cordeau et se fier au bord de la toiture, qui est rarement rectiligne sur une construction ancienne.
  • Sous-dimensionner la descente : une descente de 80 mm sur une grande toiture pentue sature et refoule par la naissance.
  • Poser sur une planche de rive dégradée sans la traiter au préalable. Le montage bougera dans les mois qui suivent.
  • Négliger le rejet en pied de descente, avec pour conséquence une humidité chronique du bas de mur.

Entretenir la gouttière une fois posée

Deux passages par an suffisent dans la plupart des cas : un à l’automne après la chute des feuilles, un au printemps. On retire les dépôts à la main, on rince à l’eau claire depuis le point haut et on vérifie que la descente évacue sans refouler. Une crapaudine posée sur la naissance limite fortement les bouchons, à condition de la nettoyer elle aussi.

Profitez de ce passage pour observer l’état général de la couverture depuis l’échelle : mousses, tuiles déplacées, solins fatigués. Une gouttière qui déborde révèle parfois un problème situé plus haut. Et si une infiltration se déclare pendant l’hiver, mieux vaut savoir à l’avance quels gestes tiennent la maison hors d’eau : nos conseils en cas d’urgence de toiture détaillent les réflexes utiles avant l’arrivée du couvreur.

Bien posée, une gouttière PVC tient sans souci une vingtaine d’années. L’essentiel du travail se joue avant même de fixer le premier crochet : mesurer la surface desservie, choisir le développé, tracer la pente au cordeau. Le reste n’est que de l’assemblage.

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