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Poser une baignoire d’angle

mathieu 2 semaines ago

La baignoire d’angle a une qualité que ses détracteurs oublient souvent : elle offre un volume de baignade généreux tout en s’inscrivant dans un coin de pièce, là où une baignoire droite imposerait un mur entier. Dans une salle de bains de taille modeste, elle libère du passage et permet de conserver un meuble vasque confortable. Mais poser une baignoire d’angle demande plus de rigueur qu’une baignoire classique : le châssis doit être parfaitement réglé, l’évacuation doit trouver sa pente malgré une position atypique, et l’accès au siphon doit rester possible une fois le tablier fermé.

poser baignoire angle
Le châssis autoportant et ses pieds réglables conditionnent la réussite de la pose.

Choisir la bonne dimension

Le format symétrique 140 x 140 cm est le plus répandu. Selon la profondeur et le galbe de la cuve, la contenance varie fortement : on trouve des modèles autour de 255 litres pour une profondeur d’environ 42 cm, et jusqu’à 400 litres sur des cuves plus hautes, d’une soixantaine de centimètres de bord. Ce volume est celui de la baignoire remplie au ras du trop-plein, sans baigneur. Cette précision n’est pas anodine : plus la cuve est volumineuse, plus il faut d’eau chaude, et un ballon de 150 L peut se retrouver à court sur un modèle de 400 litres.

Il existe aussi des baignoires d’angle asymétriques, plus étroites d’un côté, qui se glissent dans les configurations contraintes. Attention alors au sens : une version gauche et une version droite ne sont pas interchangeables, et l’erreur de commande est fréquente. Le sens se détermine en se plaçant face à la baignoire, du côté d’où l’on entre.

ÉlémentOrdre de grandeur
Format symétrique courant140 x 140 cm
Contenance selon profondeurenviron 255 L (cuve peu profonde) à 400 L (cuve haute)
Prix cuve acrylique + châssis + tablier400 à 1 200 €
Prix d’une cuve haut de gamme ou balnéo1 500 à 4 000 €
Temps de pose (hors carrelage)une demi-journée à une journée
Poids en charge (cuve + eau + baigneur)plusieurs centaines de kg : vérifier le support
Repères constatés dans le commerce ; les volumes varient selon les modèles.

Vérifier le support avant tout

Une baignoire d’angle remplie pèse plusieurs centaines de kilos concentrés sur une petite surface. Sur une dalle béton, aucun souci. Sur un plancher bois d’étage ancien, la question mérite d’être posée sérieusement : orientation et section des solives, portée, présence d’un mur porteur à proximité. En cas de doute, un charpentier ou un bureau d’étude tranchera pour quelques centaines d’euros, ce qui reste dérisoire face à un affaissement de plancher.

L’outillage et les fournitures

  • Un niveau à bulle de 60 cm minimum, idéalement un niveau laser
  • Une perceuse à percussion, des chevilles adaptées au support et des vis
  • Une clé plate, un jeu de tournevis et une pince multiprise
  • Le châssis autoportant à pieds réglables, généralement livré avec la cuve
  • Un vidage complet : bonde, trop-plein et siphon orientable
  • Du silicone sanitaire anti-moisissures et une bande d’étanchéité
  • Une trappe de visite si le tablier n’en comporte pas

Le montage étape par étape

Commencez par couper l’arrivée d’eau générale et par purger le réseau : c’est la règle de base de toute intervention de plomberie, la même que celle que l’on applique avant de remplacer un mitigeur de douche. Retournez ensuite la cuve sur des cales, sur un carton pour ne pas rayer l’acrylique, et assemblez le châssis selon la notice. Les pieds réglables se vissent sans être bloqués : le réglage fin viendra ensuite.

Montez le vidage sur la cuve à ce stade, pendant qu’elle est accessible : la bonde avec son joint côté cuve, le trop-plein raccordé par son flexible, et le siphon. Serrez à la main puis modérément à la clé, sans écraser les joints. Un vidage monté après coup, à quatre pattes sous une cuve fixée, est une source d’erreurs et de fuites.

Retournez la baignoire, positionnez-la dans l’angle et réglez les pieds. Le fond de la cuve doit être de niveau dans les deux sens, à l’exception de la légère pente vers la bonde prévue par le fabricant. Vérifiez que les bords supérieurs sont eux aussi de niveau : c’est ce plan-là que l’œil perçoit une fois le carrelage posé. Puis fixez au mur les pattes d’accrochage fournies, quand le modèle en dispose, en repérant les points au crayon avant de percer.

L’évacuation : le point critique

Le raccordement se fait généralement en PVC de diamètre 40 mm vers la chute. La pente d’écoulement doit être respectée sur toute la longueur du parcours : on retient couramment une pente minimale de l’ordre de 1 %, soit 1 cm par mètre, comme pour l’évacuation d’un receveur de douche. Une baignoire d’angle est souvent implantée loin de la chute, et c’est là que le bât blesse : plus le parcours est long, plus la hauteur perdue en pente est importante, et plus il faut relever la cuve. Mesurez la hauteur disponible sous la bonde avant de valider l’implantation, pas après.

Le siphon doit conserver une garde d’eau suffisante pour bloquer les remontées d’odeurs. Limitez les coudes, évitez les contre-pentes, et faites un essai de mise en eau avant de fermer le tablier : remplissez la baignoire, videz-la d’un coup, et observez chaque raccord avec une lampe. Une fuite qui apparaît une fois le tablier posé et le carrelage fait coûte un week-end entier de démontage.

Tablier, étanchéité et finitions

Le tablier acrylique livré avec la cuve est la solution la plus rapide. Le tablier maçonné, en carreaux de plâtre hydrofuge ou en plaques ciment carrelées, offre une finition plus haut de gamme mais impose de ménager une trappe de visite pour accéder au siphon. Ne faites jamais l’impasse sur cette trappe : le jour où le vidage fuit, c’est elle qui vous évite de casser le carrelage.

L’étanchéité périphérique se traite avec une bande d’étanchéité adhésive posée sous le carrelage mural, puis un cordon de silicone sanitaire en finition. Le geste qui change tout : remplissez la baignoire d’eau avant de tirer le joint de silicone, et ne la videz qu’après séchage complet. La cuve chargée descend de quelques millimètres, et un joint réalisé à vide se déchire à la première utilisation. Comptez 24 heures de séchage avant la première baignade, et prévoyez d’aérer la pièce pendant la polymérisation.

Les erreurs à éviter

Trois pièges reviennent constamment. Négliger le réglage du niveau, ce qui donne une cuve qui ne se vide jamais complètement et une auréole de calcaire permanente. Poser le carrelage mural avant la baignoire, ce qui interdit toute reprise et complique l’étanchéité. Enfin, sceller le tablier sans trappe, en se disant que « de toute façon ça ne fuira pas ». Un vidage a une durée de vie, et la question n’est pas de savoir s’il faudra y accéder, mais quand.

Sur le même thème : Installer une prise électrique supplémentaire et Choisir un chauffe-eau thermodynamique.

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