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poser carrelage au sol

Poser du carrelage au sol

mathieu 1 mois ago

Poser du carrelage au sol reste l’un des chantiers les plus rentables à réaliser soi-même : la main-d’œuvre représente souvent la moitié de la facture, et le geste s’apprend en une journée. Encore faut-il ne pas se tromper sur les deux points qui font échouer la majorité des poses amateurs : un support mal préparé et un encollage insuffisant. Le carrelage ne pardonne rien. Un carreau posé sur une colle mal peignée sonnera creux dans six mois, se fissurera au premier choc, et il faudra tout casser pour le reprendre. Voici la méthode complète, du contrôle du support au jointoiement.

poser carrelage au sol
Un calepinage tracé au sol avant la première truelle de colle : l’étape que l’on saute toujours, et que l’on regrette toujours.

Vérifier le support avant tout

Le support doit être propre, sec, stable et surtout plan. La règle de référence pour les revêtements scellés ou collés est une planéité de l’ordre de 3 mm sous une règle de 2 mètres : posez une règle de maçon en travers de la pièce, dans plusieurs directions, et glissez une cale sous les creux. Si vous mesurez plus de 5 mm de creux, inutile de compenser à la colle, vous consommerez des sacs entiers pour un résultat instable. Il faut passer par un enduit de lissage, une opération simple que nous détaillons dans notre guide pour remettre un sol à niveau avant pose.

Dépoussiérez ensuite soigneusement à l’aspirateur, jamais au balai : la poussière résiduelle agit comme un film antiadhésif entre la colle et la dalle. Sur un support poreux type chape ciment ou ragréage frais, appliquez un primaire d’accrochage au rouleau et respectez le temps de séchage indiqué sur le bidon, en général une heure environ. Sur un ancien carrelage que vous ne souhaitez pas déposer, un primaire spécifique pour support fermé et une colle adaptée sont indispensables.

Choisir la colle et le peigne selon le format

C’est ici que se joue la tenue dans le temps. Plus le carreau est grand, plus il exige une colle performante et un taux d’encollage élevé. Les mortiers-colles sont classés C1 ou C2 (C2 pour une adhérence améliorée), avec des mentions complémentaires : E pour un temps ouvert allongé, S1 pour une colle déformable, indispensable sur plancher chauffant ou sur support bois.

Format du carreauColle conseilléePeigneTechnique
Jusqu’à 30 x 30 cmC1 ou C2Carré 6 à 8 mmSimple encollage
45 x 45 à 60 x 60 cmC2 ECarré 9 à 10 mmDouble encollage conseillé
Grand format (au-delà de 60 cm)C2 E S1Demi-lune 10 à 12 mmDouble encollage impératif
Sur plancher chauffantC2 S1 minimumSelon formatDouble encollage

Le double encollage consiste à peigner la colle au sol et à en appliquer une fine couche au dos du carreau, à la truelle, avant de le poser. L’objectif est un contact quasi total entre colle et carreau, sans poche d’air. Dans une pièce humide, cette continuité de colle n’est pas seulement mécanique, elle limite aussi les cheminements d’eau. C’est la raison pour laquelle les carreleurs facturent 20 à 30 % de plus la pose de grands formats : c’est plus long et plus exigeant.

Calepiner : la demi-heure qui sauve le chantier

Ne commencez jamais dans un angle en supposant que les murs sont d’équerre : ils ne le sont pratiquement jamais. Tracez au cordeau deux axes perpendiculaires passant par le centre de la pièce, vérifiez l’équerrage, puis posez à blanc une rangée de carreaux dans les deux directions, croisillons compris. Vous verrez immédiatement où tomberont les coupes.

  • Décalez l’axe si une coupe finale tombe à moins d’un tiers de carreau : une bande étroite le long d’un mur est disgracieuse et fragile.
  • Placez les coupes du côté le moins visible, généralement sous les meubles ou derrière la porte.
  • Prévoyez un joint périphérique de 5 mm environ contre les murs, que la plinthe viendra masquer : le carrelage doit pouvoir se dilater sans buter.
  • Sur les grandes surfaces, des joints de fractionnement sont à prévoir, en général tous les 25 à 40 m² selon les préconisations du fabricant et la configuration.
  • Mélangez les carreaux de plusieurs paquets : les nuances varient d’un lot à l’autre.

La pose, carreau après carreau

Gâchez la colle à la perceuse-malaxeur, laissez-la reposer quelques minutes puis remuez de nouveau. Ne préparez qu’un seau à la fois : le temps ouvert d’un mortier-colle se compte en une vingtaine de minutes, moins par forte chaleur. Étalez la colle sur une surface d’un mètre carré maximum, peignez en tirant des sillons parallèles, puis posez le carreau et écrasez-le d’un mouvement de translation perpendiculaire aux sillons pour chasser l’air.

Vérifiez le niveau tous les trois ou quatre carreaux, dans les deux sens, et ajustez au maillet caoutchouc tant que la colle est fraîche. Les croisillons donnent la largeur de joint (2 mm pour un intérieur classique, davantage pour un carreau rectifié irrégulier). Sur les grands formats, les systèmes de nivellement à clips et cales sont un vrai confort : ils évitent les décalages de bord, ce défaut qui accroche le pied et se voit en lumière rasante.

Toutes les cinq minutes, retirez un carreau que vous venez de poser et regardez son dos : la colle doit couvrir la quasi-totalité de la surface. Si vous voyez des zones sèches, votre peigne est trop petit ou vous travaillez trop lentement.

Coupes, joints et finitions

Une carrelette manuelle suffit pour les coupes droites de faïence et de grès fin. Pour du grès cérame épais ou du grand format, louez une scie à eau à disque diamant : environ 30 à 50 € la journée, un investissement dérisoire face à une pile de carreaux cassés. Lunettes de protection obligatoires, la découpe projette des éclats.

Attendez 24 heures avant de marcher sur le carrelage et de réaliser les joints. Le mortier de jointoiement s’applique à la raclette caoutchouc en diagonale, on laisse « tirer » quelques minutes, puis on éponge à l’eau claire en rinçant souvent. Le voile de ciment qui subsiste s’élimine le lendemain avec un produit dédié. Terminez par un joint souple en silicone dans les angles et en périphérie, jamais du mortier : ces zones doivent rester déformables.

Budget, temps et erreurs classiques

Comptez pour une pose confiée à un carreleur un ordre de grandeur de 35 à 60 €/m² de main-d’œuvre pour un format courant en pose droite, davantage pour les grands formats, les poses en diagonale ou les chevrons. En autoconstruction, le poste colle, joints, primaire et croisillons revient à quelques euros du mètre carré, auxquels s’ajoute le prix des carreaux, très variable. Prévoyez 8 à 10 % de carreaux supplémentaires pour les coupes et la casse. Une pièce de 20 m² occupe un bricoleur méthodique deux bonnes journées, jointoiement compris.

Les fautes les plus fréquentes ? Poser sur un sol poussiéreux, sauter le primaire, se contenter d’un simple encollage sur du grand format, oublier le joint périphérique, et jointoyer trop tôt. Une fois le sol terminé et sec, vous pourrez vous attaquer aux finitions verticales de la pièce, comme l’installation d’une cloison vitrée ou l’accrochage d’un grand miroir, qui gagnent tous deux à s’appuyer sur un sol parfaitement de niveau.

Sur le même thème : Poser une hotte de cuisine, Déboucher siphon lavabo et Changer un joint de fenêtre en détail.

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