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ragreer un sol

Ragréer un sol

mathieu 1 mois ago

Ragréer un sol, c’est rattraper les défauts de planéité d’un support avant de poser un revêtement. L’opération n’a rien de spectaculaire, elle ne se verra jamais une fois le parquet ou le carrelage en place, et pourtant elle conditionne tout le reste. Un sol resté bosselé, ce sont des lames de parquet qui claquent, des carreaux qui sonnent creux, un lino qui marque les moindres aspérités. La bonne nouvelle : avec un sac d’enduit, un malaxeur et une méthode rigoureuse, une pièce de 20 m² se traite en une demi-journée.

ragreer un sol
L’enduit autolissant s’étale seul : le rôle de la lisseuse est de le répartir, pas de le tirer comme une chape.

Faut-il vraiment ragréer un sol ?

Le diagnostic se fait à la règle de maçon de deux mètres, promenée dans plusieurs directions, y compris en diagonale. La référence usuelle avant pose d’un revêtement de sol est une planéité de l’ordre de 3 mm sous cette règle de 2 m, telle que la retient le NF DTU 53.12 pour les revêtements souples collés. Si vous constatez des creux supérieurs, le ragréage s’impose.

Attention à ne pas confondre planéité et horizontalité. Un sol peut être parfaitement plan et légèrement en pente : un enduit autolissant, qui suit la gravité, ne corrigera pas la pente, il la reproduira. Pour rattraper une pente ou des écarts importants, il faut une chape rapportée, pas un ragréage.

Choisir le bon produit selon l’épaisseur

Les fabricants distinguent principalement les enduits de lissage, réservés aux faibles épaisseurs, et les enduits fibrés ou de rebouchage, capables d’encaisser davantage. Chaque produit possède une plage d’épaisseur mini et maxi qu’il faut respecter à la lettre : trop mince, l’enduit farine et se décolle ; trop épais, il fissure ou reste mou en profondeur.

SituationType de produitÉpaisseur usuelleRemarque
Petits défauts, sol déjà correctEnduit de lissage autolissantEnviron 3 à 10 mmÉpaisseur minimale à respecter même si le sol semble plan
Support irrégulier, ancien carrelageEnduit fibréJusqu’à plusieurs dizaines de mm selon le produitVérifier la fiche technique, les plages varient beaucoup
Plancher boisEnduit fibré spécifique support déformableSelon fabricantPrimaire et pontage des joints indispensables
Écart important ou pente à corrigerChape rapportéeAu-delà des enduitsSort du domaine du ragréage

Un ordre de grandeur budgétaire : un sac de 25 kg couvre environ 5 m² en 3 mm d’épaisseur et coûte généralement entre 15 et 30 € selon la gamme, auxquels s’ajoute le primaire, autour de 20 à 40 € le bidon. Confiée à un artisan, l’opération se facture couramment 15 à 30 €/m², parfois plus si le support demande un décapage.

Préparer le support : l’étape que personne n’aime

C’est pourtant elle qui décide du résultat. Le support doit être sain, sec, cohésif et débarrassé de tout ce qui empêche l’adhérence : résidus de colle, peinture écaillée, laitance, graisse, plâtre. Grattez, poncez si nécessaire, puis aspirez complètement — pas de balai, l’aspirateur uniquement.

  • Rebouchez les trous profonds et les grosses fissures avec un mortier de réparation, la veille.
  • Posez un fond de joint ou un profilé périphérique le long des murs : l’enduit ne doit pas être bloqué contre les cloisons.
  • Calfeutrez soigneusement les passages de gaines, les seuils de porte et le pied des cloisons : l’autolissant est liquide et s’infiltre partout.
  • Appliquez le primaire d’accrochage au rouleau, en croisant les passes, sans flaque. Sur support poreux il régule l’absorption, sur support fermé (ancien carrelage) il crée l’accroche.
  • Respectez le délai indiqué : le primaire sèche souvent en une heure environ, et le ragréage doit intervenir dans la fenêtre de temps prescrite par le fabricant.

Gâcher et couler

Le dosage en eau est le point critique. Trop d’eau et l’enduit se sépare, perd sa résistance et laisse une surface pulvérulente ; pas assez, il ne s’étale plus. Versez l’eau dans le seau, puis la poudre, jamais l’inverse, et malaxez à la perceuse-malaxeur à vitesse lente jusqu’à obtenir une pâte homogène sans grumeau. Laissez reposer deux à trois minutes, remalaxez brièvement, et coulez.

Travaillez à deux si possible : l’un gâche, l’autre étale. Le temps de mise en œuvre est court, souvent une vingtaine de minutes seulement. Commencez par le fond de la pièce et reculez vers la porte. Versez en bandes larges, répartissez à la lisseuse crantée ou à la taloche sans chercher à lisser à tout prix : le produit se met à niveau seul. Un rouleau débulleur passé aussitôt sur la surface chasse les bulles d’air et efface les reprises entre deux gâchées.

La règle d’or est la continuité : ne laissez jamais une gâchée durcir avant de couler la suivante, sinon vous créez un bourrelet visible. Sur une grande surface, prévoyez suffisamment de sacs, deux seaux et deux malaxeurs, et ne commencez pas si vous devez vous interrompre.

Séchage et pose du revêtement

La plupart des enduits de lissage sont circulables au bout de quelques heures, mais le délai avant pose du revêtement dépend du produit, de l’épaisseur, de la température et de l’hygrométrie de la pièce. Fiez-vous à la fiche technique et non à une règle générale : les écarts entre références sont considérables, et un revêtement posé sur un support encore humide se décolle ou cloque. Aérez sans créer de courant d’air violent, et ne chauffez pas la pièce pour accélérer le séchage, vous provoqueriez des fissures de retrait.

Contrôlez le résultat à la règle avant de poser quoi que ce soit. Si un défaut subsiste, une seconde couche est possible, à condition de repasser un primaire adapté. Une fois le support impeccable, vous pouvez enchaîner sereinement sur la finition, qu’il s’agisse de la pose d’un carrelage en grand format ou d’un parquet flottant. C’est également le bon moment pour préparer les chantiers verticaux qui suivront, comme la mise en place d’une cloison vitrée, dont le profilé bas exige un sol rigoureusement plan.

Les fautes classiques ? Sauter le primaire, gâcher trop liquide, oublier de calfeutrer une gaine et retrouver l’enduit dans la pièce du dessous, ou vouloir corriger une pente avec un autolissant. En restant méthodique et en lisant la fiche technique du produit, le ragréage est l’un des chantiers les plus faciles à réussir du premier coup.

Sur le même thème : Changer une serrure et Installer un ballon d’eau chaude.

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